Bonsoir à tous,
Il serait temps que la
véritable histoire de l'une des plus grandes maisons suisses soit enfin
écrite. Voici de quoi démarrer.
Henri Rochefort (Paris, 1831 -
Aix-les-Bains, 1913) dit marquis de Rochefort–Lucay, redoutable journaliste
français à la plume acerbe, devenue homme politique et écrivain. Violant
pamphlétaire, Rochefort attaqua le Second Empire dans le journal «
Ce que vous ne devez pas
savoir, c’est qu'Henri Rochefort eut pour gendre le peintre
Frédéric Dufaux qui lui donna pour petits-fils les frères Henri et Armand
Dufaux, créateur de
Ce que vous ignorez encore,
c'est que le 18 octobre 1685, Louis XIV signa l’édit de Fontainebleau plus
connu sous le titre de révocation de l’édit de Nantes (13 avril 1598) qui jeta
200 à 300 000 sujets huguenots sur les routes d’Europe. Parmi eux on trouve
les Bréguet, Citron, Le Jeune (ou Lejeune)… et Dufaux. Les premiers
s’installèrent à Neuchâtel et excellèrent dans l’horlogerie puis l’aviation,
tandis que les seconds rejoignirent
Quant aux derniers, venant de
Montpellier, ils s’établirent à Boveresse (un petit bourg près de Motier entre
Pontarlier et le lac de Neuchâtel) et l’un d’entre, Jean-Antoine Dufaux vint à
Genève dans la citée idéale voulue par Calvin et s’y maria en 1773. Il eut deux
fils, Jean-Antoine (1775-1855) et David-Henri (1785-1871). Jean-Antoine vint
s’installer à Lyon comme dessinateur d’indienne (étoffes de coton peintes ou
imprimées) où il fit fortune avant de revenir à Boudry (bourgade au sud de
Neuchâtel) puis à Genève en 1823 comme bourgeois. Son fils, Louis Dufaux
(1802-1884) né à Lyon, s’orienta vers la peinture de motifs floraux sur émail,
suivit son père à Boudry puis s’installa à Genève au début du XIXème où il devint
un émailleur réputé. L’oeuvre de Louis Dufaux se poursuivit avec ses fils
Pierre (1825-1873) et Marc (1833-1887) et ses petits-fils avec Gabriel
(1879-1884) et Antoine (1866-1936). On notera que Marc devint député au Grand
Conseil et qu’Antoine devint le directeur du Musée d’art et d’histoire…
Quant à David-Henri Dufaux, il
devint graveur et sculpteur et eut pour fils, Frédéric-Guillaume (1820-1872) et
Frédéric (1852-1943), ce dernier après l’école des Beaux-Arts parti travailler
à Florence puis à Paris où il épousa la fille d’Henri de Rochefort ce qui lui
permet de devenir l’ami de Manet, Rodin… De ce mariage naîtront trois enfants
dont nos célèbres Henri et Armand Dufaux…
Henri Dufaux naquit le 18
septembre 1879 à Chens (arrondissement de Thonon) en Haute-Savoie et son
frère Armand vit le jour 13 janvier 1883 à Paris. Ils ne prendront la
nationalité helvétique que vers 1925.
On comprend dès lors pourquoi
les brevets des frères Dufaux ont d’abord déposés à Paris avant d’être demandés
en Suisse le 24 février 1900 sous le n° 21167 pour un " Dispositif
pour moteur pour vélocipède ayant l'aspect d'une sacoche" (sic) - voir dessin du brevet joint - en s'inspirant du brevet G.
Daimler du 25 juin 1889 n° 1151 - voir dessin du brevet et système de distribution de la motosacoche
joint. Mais si
ce dispositif ne concerne que le moteur il faut donc s'intéressé à la
famille Dufaux pour la partie cycle. Donc cette famille comprenait des
industriels produisant - je vous le donne en mille ! - des métiers à tricoter
dont les usines se trouvaient en banlieue parisienne et dont l’une des filiales
était installée justement à Genève. Ainsi, Charles Terrot et Guillaume
Dutlinger ne sont donc pas sortie de leur sphère financière pour trouver les
motoristes qu’ils avaient besoin... La filiale genevoise était sous la
direction de Charles fils (1879-1950) et Frédéric Dufaux (1881-1962), les
cousins d'Armand et Henri, qui imagina à la même période d'introduire dès 1899
la production de bicyclettes aux côtés de ses métiers à tisser. D'ailleurs,
Charles Dufaux fils pris le 6 mars 1899 un 1er brevet (n° 18803) pour un
vélocipède à frein perfectionné dans lequel on installa l'une des premiers
« moteur-sacoche »... On lui devra encore, ainsi qu’à
Marguerite Dufaux, divers système pour cycles et magnétos pour
motocyclettes Motosacoche...
Eh oui messieurs, si le
bernois Ernest Zürcher peut s’enorgueillir d’être le « plus français
des constructeurs suisses » avec ses usines de Pontarlier (Doubs) puis de
Cordialement
Mme
& M Didier Mahistre


